Biothérapie dans les uvéites

Biothérapies au cours des atteintes oculaires inflammatoires : Interferons, immunoglobulines, anticorps monoclonaux

AutoimunRev

Informations

Saadoun D, Bodaghi B, Bienvenu B, Wechsler B, Sene D, Trad S, Abad S, Cacoub P, Kodjikian L, Sève P

Autoimmun Rev. 2013 May;12(7):774-83

Abstract

Les biothérapies utilisées en pratique courante pour le traitement des manifestations ophtalmologiques des maladies systémiques regroupent les interférons (IFN), les immunoglobulines polyvalentes intraveineuses  (IgIV) et les anticorps monoclonaux (anti-TNF et rituximab). Plusieurs études prospectives et ouvertes ont montré l’efficacité de l’IFN-α (78 à 98% de rémission complète) pour le traitement des uvéites sévères de la maladie de Behçet. L’IFN est capable d’induire une rémission prolongée et persistante, après son arrêt, chez 20 à 40% des patients. Ses effets secondaires (syndrome grippal, effets psychiques) limitent son utilisation en pratique.  Les anti-TNF mais leur action est suspensive ce qui requiert une prescription prolongée ou le relais par un autre immunosuppresseur une fois l’inflammation oculaire contrôlée. Les IgIV ont obtenu une AMM pour le traitement de la maladie de Kawasaki et la maladie de Birdshot. Plusieurs études ouvertes ou rétrospectives ont montré leur efficacité pour le traitement des formes graves et réfractaires de pemphigoïde cicatricielle. La tolérance des IgIV est bonne mais leur efficacité est transitoire.
Le rituximab, qui est un anticorps anti-CD20, a montré une efficacité ponctuelle au cours d’observations de pathologies oculaires inflammatoires variées (uvéites, sclérites, pseudo tumeurs inflammatoires idiopathiques ou associées à la granulomatose avec polyangéite) et de la pemphigoïde cicatricielle. Le risque infectieux associé à cette biothérapie doit limiter son utilisation, aux pathologies réfractaires à un traitement conventionnel.
L’anakinra (antagoniste soluble de l’IL-1R) a montré des résultats intéressants en terme d’efficacité dans les maladies auto-inflammatoires et la maladie de Behçet. Le profil de tolérance est bon et avec une rapidité d’action intéressante pour la prise en charge des uvéites sévères.

Source

Service de Médecine Interne, AP-HP, Groupe Hospitalier Pitié-Salpétrière, Centre de référence des maladies autoimmunes rares, Université Pierre et Marie Curie, Paris VI, UMR CNRS 7211, INSERM U959, Groupe Hospitalier Pitié-Salpétrière Paris, F-75013 France.

 

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Uvéites et biothérapies

Informations

Feurer E, Bielefeld P, Saadoun D, Sève P

La Revue de Médecine Interne

Volume 36, Issue 2, February 2015, Pages 107–116

Résumé

Les biothérapies utilisées dans le traitement des uvéites non infectieuses incluent l’interféron (IFN), les immunoglobulines intraveineuses (IgIV), ainsi que les anticorps monoclonaux et les protéines de fusion (anti-TNFα, anakinra, tocilizumab, rituximab). L’IFN permet d’induire une rémission prolongée, se maintenant après l’arrêt du traitement, chez 20 à 40 % des patients. Les effets secondaires (syndrome pseudo-grippal, effets psychiatriques) limitent son utilisation. Les anti-TNFα (infliximab, adalimumab) représentent une alternative thérapeutique attractive dans les uvéites sévères résistantes aux immunosuppresseurs, en particulier dans la maladie de Behçet. Ils sont efficaces la plupart du temps (> 90 % des cas), et rapidement ; mais leur action est souvent suspensive. Les anti-TNFα sont utilisées de façon prolongée ou dans l’attente de l’efficacité d’un autre immunosuppresseur, une fois l’inflammation oculaire contrôlée. Les IgIV sont utilisées dans la maladie de Birdshot. Leur tolérance est bonne mais leur efficacité est transitoire. Le rituximab a montré son efficacité dans quelques observations d’inflammations oculaires variées (uvéites, sclérites et pseudo-tumeurs inflammatoires associées à la granulomatose avec polyangéite) ainsi que dans la pemphigoïde cicatricielle. Le risque d’infection limite son utilisation dans les maladies résistantes aux traitements conventionnels. L’anakinra (anti-IL1R) a montré des résultats intéressants en termes d’efficacité dans une petite étude ouverte sur la maladie de Behçet. Sa sécurité d’utilisation est bonne et son court délai d’action peut être intéressant pour le traitement des uvéites sévères.

 

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Tocilizumab in severe and refractory non-infectious uveitis

Informations

Papo M, Bielefeld P, Vallet H, Seve P, Wechsler B, Cacoub P, Le Hoang P

Papo T, Bodaghi B, Saadoun D
Clin Exp Rheumatol

2014 Jul-Aug;32(4 Suppl 84):S75-9. Epub 2014 Sep 30.

Objectives

To report the safety and efficacy of tocilizumab in patients with severe and refractory non-infectious uveitis.

Methods

Eight consecutive unselected patients with severe and refractory non-infectious uveitis[Birdshot chorioretinopathy (n=1), Behçet’s disease (n=1) and idiopathic bilateral panuveitis (n=6)] treated with tocilizumab (8mg/kg every 4 weeks intravenously) were included. The primary outcome was the response to treatment, defined by decrease of inflammatory ocular signs.

Results

Four (50%) patients were of female gender and the median (IQR) age was 41 (31-47) years. The median number of previous immunosupressants was of 5.5 (4-6.7). Seven patients had been previously treated with anti-TNF-α [infliximab (n=5) and adalimumab (n=2)]. The immunosupressive drugs used in association with tocilizumab were azathioprine (n=2), mycophenolate mofetil (n=2) and methotrexate (n=2). After a median follow-up of 8 months (6-25), 6/8 (75%) improved under tocilizumab and 2 (25%) were non-responders. The visual acuity improved in five patients. The median dose of prednisolone decreased from 16mg/day (10.6-20.5) to 10 mg/day (10-13.7), at baseline and at the end of follow-up, respectively. Tolerance of tocilizumab was satisfactory and side effects included bronchitis (n=1) and grade 1 leukopenia (n=1) and thrombocytopenia (n=1).

Conclusions

Tocilizumab seems to be a safe and promising therapy in severe and refractory non-infectious uveitis.

 

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Infliximab Versus Adalimumab in the Treatment of Refractory Inflammatory Uveitis: A Multicenter Study From the French Uveitis Network

Informations

Vallet H, Seve P, Biard L, Baptiste Fraison J, Bielefeld P, Perard L, Bienvenu B, Abad S, Rigolet A, Deroux A, Sene D, Perlat A, Marie I, Feurer E, Hachulla E, Fain O, Clavel G, Riviere S, Bouche PA, Gueudry J, Pugnet G, Le Hoang P, Resche Rigon M, Cacoub P, Bodaghi B, Saadoun D;

Arthritis and Rheumatology 2016 Volume 68, Issue 6, 1522–1530

Objective

To analyze the factors associated with response to anti-tumor necrosis factor (anti-TNF) treatment and compare the efficacy and safety of infliximab (IFX) and adalimumab (ADA) in patients with refractory noninfectious uveitis.

Methods

This was a multicenter observational study of 160 patients (39% men and 61% women; median age 31 years [interquartile range 21-42]) with uveitis that had been refractory to other therapies, who were treated with anti-TNF (IFX 5 mg/kg at weeks 0, 2, 6, and then every 5-6 weeks [n = 98] or ADA 40 mg every 2 weeks [n = 62]). Factors associated with complete response were assessed by multivariate analysis. Efficacy and safety of IFX versus ADA were compared using a propensity score approach with baseline characteristics taken into account. Subdistribution hazard ratios (SHRs) and 95% confidence intervals (95% CIs) were calculated.

Results

The main etiologies of uveitis included Behçet’s disease (BD) (36%), juvenile idiopathic arthritis (22%), spondyloarthropathy (10%), and sarcoidosis (6%). The overall response rate at 6 and 12 months was 87% (26% with complete response) and 93% (28% with complete response), respectively. The median time to complete response was 2 months. In multivariate analysis, BD and occurrence of >5 uveitis flares before anti-TNF initiation were associated with complete response to anti-TNF (SHR 2.52 [95% CI 1.35-4.71], P = 0.004 and SHR 1.97 [95% CI 1.02-3.84], P = 0.045, respectively). Side effects were reported in 28% of patients, including serious adverse events in 13%. IFX and ADA did not differ significantly in terms of occurrence of complete response (SHR 0.65 [95% CI 0.25-1.71], P = 0.39), serious side effects (SHR 0.22 [95% CI 0.04-1.25], P = 0.089), or event-free survival (SHR 0.55 [95% CI 0.28-1.08], P = 0.083).

Conclusion

Anti-TNF treatment is highly effective in refractory inflammatory uveitis. BD is associated with increased odds of response. IFX and ADA appear to be equivalent in terms of efficacy.

 

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David Saadoun CMIO

Pr David SAADOUN

Service de Médecine Interne 2.  Hôpital Pitié Salpêtrière – 75013 Paris

Pour toute information relative à la Maladie de Behçet, vous pouvez joindre le professeur David Saadoun à l’adresse suivante : david.saadoun@aphp.fr.